Chers Vagabonds,

Cela fait plusieurs années qu’on me reproche mes longs silences. Il m’est parfois… soyons honnêtes, souvent… difficile de m’aménager des parenthèses suffisamment longues pour vous écrire correctement mon ressenti sur une destination, une découverte ou une rencontre. À vrai dire, être posée ce n’est pas tout à fait mon truc.

Je sais pertinemment que le titre de ce billet est malhonnête, il aurait du dire « Ce que je vous ai caché » mais ça aurait l’air volontaire et ce n’est pas le cas. Pour les Vagabonds qui ne me suivent qu’ici, vous avez en effet raté tout ce qui se passait sur Instagram ; parce qu’il m’est plus facile de poster une image et un mini texte, et en tant que grande patronne de la fainéantise, c’est ce que j’ai fait.

Voici donc ce que je ne vous ai pas dit à propos de 2024 :

2024 l’année de tous les extrêmes

Le 12 janvier, alors que le pays entier se focalisait sur le cyclone Belal, je fixais ma vieille carte du monde obsédée par une seule idée : pourquoi n’ai-je aucun projet de voyage en tête ? J’étais loin de me douter de ce qui allait suivre.

Une journée cyclonique + des amis + des faratas = projet de voyage. En moins de temps qu’il faut pour avaler une bouteille de vin, nous avions réservé logement et voiture… Destination : Camps Bay, Cape Town pour le long week-end de l’indépendance. Au programme les incontournables : Table Mountain, Cape Point, Boulders Beach, les vignobles, etc…

Entre janvier et mars, plein de choses peuvent se passer… Comme un client qui te demande de t’envoler vers Rodrigues l’après-midi de ton retour de Cape Town, histoire de lui ramener un papier sur les producteurs de miel. J’étais explosée-sa-mère, mais qui suis-je pour me plaindre de me balader dans le monde, hein… ?

Sinon fin mars, je suis aussi allée à l’anniversaire de ma pote Émilie, qui fêtait ses 40 balais du côté de Narbonne, j’ai un peu traîné à Toulouse et à Carcassonne (où je me suis payé une indigestion de ouf à cause d’un cassoulet). J’ai adoré la ville fortifiée, et faire la route avec des amis c’est toujours fun ! J’en ai profité pour revoir mon amie blogueuse Hema à Paris, nous n’avons jamais suffisamment de temps pour papoter toutes les deux… Le draaaaame !

Comme je suis pour la rentabilisation des billets d’avion, vu ce que ça coûte, je ne me suis pas contentée de traîner en France, j’ai prolongé le séjour européen en Italie, déjà… parce que je le vaut bien, ensuite, parce que je suis absolument, désespérément, et irréversiblement amoureuse de ce pays. Retrouvailles avec Rome, puis Naples et Pompéi, mais ça je vous l’ai déjà raconté.

Vous connaissez la Bocca della verità, la bouche de la vérité ? Bah, figurez-vous que c’était un détecteur de mensonge pour femmes soupçonnées d’infidélité au moyen âge ! Pff… Ah ! Par contre, il y a une scène mignonne devant ce monument, avec Audrey Hepburn et Gregory Peck dans Roman Holiday – et parce que je suis trop-trop sympa, je l’ai retrouvée pour vous ! 😛

Comme j’avais un compte à régler avec Florence, j’y suis retournée. Laissez-moi vous raconter ça : en 2009, j’étais à Florence et je voulais voir La naissance de Vénus, tout le monde connaît mon obsession pour les tableaux classiques, mais je voulais aussi voir la Tour de Pise qui se trouve à 1 h 45 du centre de Florence – Firenze pour les intimes – en train. Nous avions prévu de visiter les deux le même jour parce la veille nous avions cramé une demi-journée dans une file interminable et particulièrement lente pour aller voir le David de Michelangelo (zéro regret à ce propos). Manque de bol, c’était un jour où les trains étaient en grève ! Nous avons donc pris le bus pour aller à Pise (oui, elle penche de façon inquiétante c’te tour !) où nous sommes restés coincés toute une journée (alors qu’à l’origine nous ne devions y passer que quelques heures), et quand après une course effrénée, nous avons pu grimper dans un train, ce n’était que pour rejoindre Florence à presque 22 heures, le lendemain nous devions prendre le train super tôt pour Rome (évidemment là il n’y avait plus du tout de grève…) , puis l’avion pour Bordeaux. Donc pas de réaménagement possible de l’emploi du temps. Finalement j’ai attendu 14 ans pour voir ma Vénus, et j’en étais toute émue ! C’est depuis cette époque que j’ai une théorie : c’est pas grave si on n’a pas tout vu. On n’a qu’à dire qu’on en laisse un peu pour la prochaine visite.

Je suis rentrée le 11 avril, avec déjà le projet de partir en Inde puisque Air Mauritius atterrissait tout juste à Chennai, re-valise, et à moi Mahabalipuram, St Thomas Church, le marbre rose du musée d’art, les rues animées, les marchés colorés… et le piment. Ils ne plaisantent pas avec le piment dans ces contrées. Je me souviens que la première nuit, j’ai eu un moment de panique, parce que je me suis réveillée en n’ayant aucune idée d’où je me trouvais ; ça m’a pris une bonne minute pour retrouver mes esprits. Nous sommes le 22 avril 2024, j’ai commencé à voyager le 8 mars, et j’en étais déjà à cinq pays, et neuf différentes chambres !

Prochain stop : la moiteur de l’Asie du Sud-Est. Audrey est mon amie d’école, ensemble nous avions décidé de fêter dignement l’année du dragon, ‘notre année’ à Bangkok et les environs : ses marchés improbables, une rencontre extraordinaire avec la petite communauté des femmes birmanes exilées, des temples à s’en étourdir. Puis Penang où Jé est venue nous rejoindre, étonnante mosaïque de maisons à l’architecture désuète mais captivante, les rues de Georgetown et ses trésors de street art, le Hin Bus dépôt, que du bonheur. Enfin, Kuala Lumpur où nous retrouvons des repères, shopping et bouffe. Ah oui, la bouffe ! Je sais que la gourmandise est un péché capital, mais qui peut résister à tout ce qui est bon ? Pas mes copines, pas moi!

Juillet est arrivé avec ses promesses d’escapades européennes ensoleillées. Grande amatrice de coup de soleil, au moment où j’ai entendu les mots îles et grecques, j’avais des savates aux pieds et mon beach bag prêt. Je ne sais pas pourquoi les grands départs commencent souvent par une c**ille, ça nous l’a fait souvent, pour un départ de roadtrip en Bretagne, valises en retard ; pour Ibiza, vol annulé et là, ça n’a pas raté, trop de vent pour atterrir sur l’île ! Bon, un faux départ c’est quand même un départ… Nous avons avec 24 heures de retard enchaîné Milos, Ios, Naxos et Mykonos pour finir par cette bonne vieille ville d’Athènes, deux semaines, de pur plaisir.

Je pensais en avoir fini pour l’année, mais apparemment 2024 avait encore des trucs de prévu pour moi. Un soir, comme ça, en dinant, j’ai entendu le Chéri dire : « Je vais aller bosser à Copenhague en octobre, tu veux venir? » Moi : »Heu… ouhais?! » – Comme s’il fallait demander ? Et oui, si lui doit rentrer, moi je peux rester encore un peu en Europe… Les joies de bosser en indépendante.

Après Nyhavn, des smorebrods et quelques châteaux et musées décoiffants, je me suis fait un bon gros délire à Vienne sur les trace de Sissi l’impératrice, le château et les jardins de Schonbrunn, musées Albertina et Belvédère, la maison de Mozart et une escapade façon Mélodie du bonheur jusquà Salzbourg.

Fin de voyage en apothéose avec la découverte de Prague, l’incontournable Pont Charles et les légendes qui y sont attachées, les expositions sur la vie d’Alphonse Mucha, d’Andy Warhol, de Kafka ; le hasard a aussi posé sur ma route l’expo the World of Banksy dans une église désacralisée, quel bonheur ! Je crois que l’anachronisme et l’irrévérence ont toujours été mon truc.

Bilan 2024: C’était intense, certainement too much, et honnêtement épuuuiiisant ! Est-ce que je le referai ?… Oui M’dam!