Un ange passe… et avec lui nos rires et notre irrévérence.

2024 avait mis mon compte bancaire sur les rotules et mon chez-moi manquait cruellement d’attention. Si mon premier voyage de 2025 s’est fait dès le 16 janvier, pour bosser quatre jours à Rodrigues, après cela j’ai freiné des quatre fers. Enfin, je me comprends ! Ce qu’il faut retenir de 2025, c’est que ça a été une année difficile et j’avais hâte d’en finir, comme si une pirouette de la planète pouvait effacer une année, ou rendre la prochaine meilleure.

Le 23 avril, je suis retournée quelques jours à Rodrigues pour un papier sur les douceurs de l’île, j’en ai d’ailleurs abusé. J’ai enchaîné le 26, par un merveilleux séjour à Mahé aux Seychelles. Qu’est-ce que je peux aimer ces îles ! Tout m’y semble tellement plus ‘pur’. Je ne sais pas si je m’exprime correctement, j’aurais peut-être du choisir des mots comme ‘authentique’ ou ‘naturel’, mais ça n’exprimerait nullement la pureté. C’est comme si l’air y était plus sain, les paysages plus idylliques, les couleurs et les saveurs plus vives, les gens plus humains. D’ailleurs c’est valable pour les îles en général. J’imagine que ça fait partie de mon ADN, zilwa je suis, zilwa je resterai.

Durant le mois de mai, il y a eu le défilé de victoire de Liverpool : mes deux hommes voulaient y aller, et moi s’il y a liesse populaire, je suis définitivement in ! Je ne cache pas que j’ai eu un ‘mari good time’, et que c’est un truc à faire au moins une fois dans une vie. Cela dit, passer trois jours dans une ville et ne pas la visiter, ça m’est un peu resté en travers de la gorge ; c’est la ville des Beatles, nom de Zeus ! On peut faire mieux que voir un match de foot au pub, aller au Liverpool FC Store et attendre cinq heures dans des rues glaciales avec des vêtements trempés. Respire… respire… Je sais déjà comment me venger : j’irai bientôt visiter la ville sans eux… Histoire d’équilibrer les comptes !

Retour sur Londres, qui comme à son habitude a été magnifique. Je lui en suis tellement reconnaissante.

Il va sans dire que j’ai vite mis au placard mes frustrations en enchaînant par quelques villes italiennes… Milan, rien que le nom respire la dépense exagérée ! Nourriture délicieuse, mais chère, vins fabuleux mais chers, hôtel et magasins magnifiques mais chers ! J’ai beaucoup profité de ce qui était gratis ! Façades d’église, promenade à Navigli, street art…

Honnêtement, même si la capitale de la mode m’en a mis plein les yeux rien qu’à la gare de trains, j’ai largement préféré Modène et ses grandes places, son musée Enzo Ferrari, son marché plein de fromages et de vinaigres régionaux. Sans parler du sourire d’un papi qui m’a enchanté ; je ne comprenais pas deux mots de ce qu’il disait, mais il continuait à parler et il était de très bonne humeur… <3

Et puis il y a eu Vérone, la ville des amants maudits, où j’ai bien rigolé de voir les gens faire la queue pour se faire prendre en photo sur le balcon de Juliette.
Peut-on s’arrêter et réfléchir deux minutes à cette étrangeté ?
– Pour commencer « Roméo et Juliette » c’est une tragédie. Double-spoiler alert, les deux crèvent à la fin, zéro instinct de survie, ils étaient foutus anyway. Titanic, mais en pire…
– Deuxièmement, ce sont des personnages de fiction, même s’il existe une maison de Juliette, (dont le balcon construit dans un ancien sarcophage, ne date que de 1936), une tombe de Juliette (vide évidemment… un cénotaphe en mémoire d’une personne qui n’a jamais existé. On aura tout vu !), une boîte à lettres où on lui laisse du courrier, et même une maison de Roméo, tout ça n’est qu’une histoire, un conte, comme les Trois petits cochons, Kirikou ou Astérix.
– Troisièmement, les gens sont persuadés qu’en tripotant la poitrine en métal d’une statue ou en lui adressant des lettres, ‘elle’ peut leur apporter l’amour, guérir leur peine de coeur ou résoudre leurs problèmes de couple… L’illusion littéraire est telle que les visiteurs n’y voient qu’une ode à l’amour, alors que de mon point de vue si les deux avaient vieillis ensemble, bah, ils seraient un couple ordinaire, et le fait qu’ils meurent, c’est la ‘preuve’ de la nature éphémère – et destructrice – dudit sentiment.
– Enfin, dans une ville où le touriste ne se fait jamais rare, elle – Juliette – ne paie évidemment pas de taxe… Je crie à l’injustice.
Si vous en doutiez, c’est moi le Grinch!

Voilà donc ce que vous aviez raté. Ça fait sept mois que je suis tranquille à Maurice, que mon passeport s’ennuie dans un tiroir et j’entends au loin l’appel de SSR International Airport. Je ne pense pas pouvoir résister longtemps…
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